Festivités
Même si ça n’était absolument pas la raison de ma venue, précisons que cette année est le tri-centenaire de la naissance de Chopin, fierté nationale et absolument incontestable dans sa contribution à la musique savante. Donc renseignez vous si vous aimer, les concerts hommages ne manquent pas en ce moment.
J’y étais allée pour d’autres évènements cependant.
Europride
L’ Europride est un évènement européen organisé par l’EPOA, il se déplace dans une grande ville différente à chaque session pour y réaliser marche et conférences. Perçu comme parfois un peu institutionnel à l’instar de la marche des fiertés à Paris et aussi un peu trop impliquée dans une logique consumériste.
Celle qui nous intéresse a eu lieu du 8 au 18 juillet de cette année avec une marche le 17 sans incidents majeurs, juste quelques jets d’œufs, de pétards et pierres et des panneaux “STOP HOMO” qui en plus de nous avoir fait rire nous incitaient à marquer l’arrêt à chacun d’eux pour en saluer les proto-skins ou les intégristes qui les brandissaient. Ajoutons la présence de chars aussi évident que celui d’une pharmacie en ligne, Google et une radio du coin.
Il y avait aussi de nombreux ateliers dans un café situé dans la rue du nouveau monde, parait-il un lieu branché et plutôt à gauche ce qui est rare le communisme ayant laissé un mauvaise image des partis dits de gauche. Ce fut l’occasion de découvrir une convergence de lutte entre les mouvements juifs et lgbt, tous deux souffrant de discriminations. Insérons ici une citation/blague émanant d’unE amiE :
J’avais demandé à mon père de passage en Pologne de me rapporter une ceinture de l’armée rouge. Il n’en a pas trouvé mais m’a fait remarqué que les anciens uniformes allemands étaient autrement plus facile à se procurer.
Pomada
Festival bien plus DIY, il m’aura été faiblement accessible car je ne parle pas polonais, très belle langue au demeurant mais ayant dans sa prononciation quelques consonnes de plus (35). Néanmoins, et je remercie Anu, mon intervention pour Outrans c’est fort bien déroulée grâce à une traduction en direct. La brochure DTC, pour les Ft[MX] et leurs amants, est partie comme des petits pains.
Ajoutons la découverte de 2 lieux grâce à ce festival :
- le “Songe d’Abeille“, qui mérite le détour pour son cadre original.
- le 1500m², qui hérite son nom de sa superficie, idéale pour les festivités !
Musées
Le centre d’art contemporain de Varsovie
Un Beaubourg sans tuyaux dans une demeure historique, élégante, elle-même dans un parc et pleine de ce que l’après communisme a pu voir fleurir, de ce qu’il a pu laissé dans les cœurs, les mémoires aussi. A la lumière des photos, tableaux ou sculptures de belles tailles, j’ai découvert ce que la Pologne a connu de commun avec l’Espagne post-franquiste, une explosion, une richesse et surtout un ton décalé, caustique, critique… mais la différence est que cette liberté semble avoir déjà à souffrir des mines graves qui voient d’un mauvais œil ces “garnements” d’artistes.
Sincèrement, ce lieu est à voir, si possible avec une personne pouvant vous apporter quelques commentaires. Néanmoins une clé utile, la bataille de Grunwald, sorte de point de ralliement polonais dans la mémoire et focale de certains patriotes ou pire.
Le musée national
Très moderne (enfin moins que le futur musée d’art moderne), je n’en ai vu que l’exposition temporaire Ars Homo Erotica. Cette exposition aura été dès son départ l’objet de critiques et d’une contestation par le biais d’un recours en justice. Passons cela pour vous en dire le plus grand bien!
Sa simple concrétisation en Pologne faisait chaud au cœur mais c’est surtout la qualité du traitement qui est à saluer. Ici, pas uniquement que des grands noms, mais exhumées des travaux d’études de presque anonymes du XVIII et XIX siècle, avec des sujets allant du soldat ou paysan posant un instant pour améliorer l’ordinaire, un espace de repos au milieu du parcours offrant de nombreux ouvrages des plus sérieux aux livres d’enfants, des salles thématiques sur les lesbiennes, saint Sébastien, les trans (et leurs pouvoirs ;) ), les fac-similés de l’art antique et de son goût pour une apologie du corps, bref un sans faute. Les quelques pages du musée méritent le coup d’oeil et je finirai sur 2 coups de coeur de cette expo:
- Jeanne Mammen, à redécouvrir, du dessin, de la couleur, les années folles, un rappel que l’on a pas invité tant que cela parfois
- El Kazovsky, peintre expressionniste ouvertement FtM et pédé, ce qui était précisé dans sa fiche au musée. Or, il est né en 1948 ce qui fait de ce monsieur un pionnier, surtout dans l’aire géographique de son existence. La fiche wikipédia souffre d’un choix de pronom et d’un manque d’information relatif aussi bien à la méconnaissance de son travail en Europe occidentale semble t-il que de sa condition. Reste que son travail est époustouflant de couleurs.
Retrouve un peu de temps !
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