Le mariage du Figaro

Titre aisé pour un billet impromptu, l’écriture de la suite du précédent ayant donc encore à souffrir un retard.
ForcéE d’utiliser mon webmail la poste pour des raisons de stabilité, je me retrouve parfois de nouveau confrontéE à son portail et donc ses informations.

Un titre accroche mon œil sur les violences en milieu médical, mais comme il s’agit du Figaro, le sens sera bien sûr des patients vers les médecins.
Soit. Je lis un article qui parle d’un observatoire qui a constaté une “nette aggravation”. C’est tout. Pas de chiffres, pas de liens vers des publications de cet observatoire1, donc déjà, je répare cet oubli, surtout avec une tournure aussi litigieuse : Recensement national des incidents – Année 2009

Donc primo les chiffres sont stables en volume, avec même un léger recul en 2009, seule la typologie  se modifie avec une hausse des agressions physiques après une variation de 5% sur 1 an, de 11  16%, retrouvant le niveau de 2004, sachant que l’observatoire date lui même de 2003.
Ajoutons que les incidents liés  la psychiatrie ne sont pas majoritaires et les motifs principaux sont plus relatifs à des griefs simples comme le délai, un vol ou sa tentative et des refus ou reproches sur la prescription d’un traitement ou d’un arrêt de travail. Donc, plaisir personnel face à certaines harangues que nous eûmes à subir, non les personnes atteintes ente autre de schizophrénie ne vont pas anéantir la société.

Mais mon vrai malaise réside dans les commentaires de l’article et les 2 articles connexes, relatant un cas à Créteil et un cas  à Soyaux. On y parle, même pas à demi-mots, d’une menace rampante liée forcément  l’immigration.
Donc l’horreur me saisit en relisant le nom de Christiane Georgeon, agresseuse présumée de l’affaire à Soyaux, et je découvre la menace Vosgienne qui pèse sur nos têtes !!!!
De même, les commentaires sur l’affaire à Créteil sont saisissants, supposant que l’agresseuse déguisée en infirmière devait faire tâche avec une peau sans doute moins blanche que sa blouse. Les commentateurs auraient-ils oublié de voir le monde autrement que depuis une vision ayant plus de 50 ans d’âge ?

  1. Observatoire de la sécurité des médecins []

Rétro No-Future

Un oeil sur la notice du CLD-D515

Voilà, mes 2 déménagements sont derrières mois, beaucoup de choses laissées aussi derrière moi mais certaine qui ont fait le chemin alors que je voudrais les laisser derrière moi, mais plus par leur forme que leur contenu.

Du coup, j’ai du me pencher sur des technologies mourantes, voire agonisantes pour répondre à ces questions. Commençons par une qui a brillé au firmament…

VHS

Ah, la bonne vieille bande magnétique, écrite sous différents angles, mais qui a connu un succès monstre grâce à un coût raisonnable, une longue période de vie et donc de démocratisation et une certaine aisance à copier, malgré la Macrovision d’ailleurs.

Sauf que les derniers appareils de lecture ont quasiment désertés les rayons de nos vendeurs et que les hybrides avec un graveur DVD n’ont pas été légions, la période de recouvrement finalement assez faible alors que déjà, on dématérialise, on se demande si le Blu-ray ça ne serait pas mieux, etc

Et donc, trouver un copieur VHS sur DVD , c’est soit payé cher un objet dont on a un usage discutable à plus que court terme, les modèles les plus chics coutant la bagatelle de 400€ et l’entrée de gamme à 200€… quand on sait que pour moins cher on peut avoir un lecteur/enregistreur de DVD classique, ça rend la chose encore plus comique.

Bref, le marché de l’occasion est là pour ça et afin de consommer mon futur divorce avec mes K7, j’ai adopté un LG RC388 qui, surprise bonus, est dézonable pour lire les DVDs1.
Et donc si toi qui lis, tu me connais et tu as ce même espoir secret d’avoir une fine galette au lieu d’une grosse boite en plastique, n’hésite pas à venir m’en parler.

Laser Disc (LD)

Autre curiosité de la collection, un laser disc, oui, un seul, qui appartient à mon ange et là, nous arrivons au coeur de ce billet. Est-ce que qui que ce soit à un jour fantasmer sur un futur avec des LD ?
Je veux dire, ça n’est même pas dans un imaginaire quelconque, ça n’a jamais appartenu à la moindre vision du future, pas comme des robots, des lasers.

Prenons Fallout, ce rétro-futur post-apocalyptique, il correspond à un imaginaire mais, merde, le Laser disc ! quoi !
Pareil, les voitures volantes, les hologrammes, même Mickey Magazine a du avoir un encart 2 pages sur le sujet mais le LD, franchement ?

Donc voilà, ça n’a jamais été le futur mais il y a du contenu *sic* exclusif *re-sic* à ce support, à savoir des bonus de certains films depuis transférés sur DVD, sans ce contenu là ou encore des Totales Exclusivités. Et là, c’est le drame.

Re-marché-de-l-occasion, pour découvrir avec horreur que la mécanique de ces Tupolevs de salon vieillit globalement mal à cause du poids de l’objet, à savoir que c’est un CD de la taille d’un 33T… et si vous ne savez pas ce qu’est un 33T, punition, allez voir la vidéo suivante.
Pire, l’objet en question était inscrit sur les deux faces et que donc la fonction auto-reverse était une option et que, pour les œuvres de plus de 2 heures, il fallait un deuxième support. Wikipedia m’a même raconté qu’il existait un léviathan de salon à double tiroirs auto-reverse pour les passionnés.

Donc depuis Noël, j’ai adopté un Tupolec, il est gentil, bruyant et affectueux.

Au fait, quel jour sommes-nous ?

Bref, avec ce retour arrière partiellement temporaire, je me suis mise à réfléchir sur notre quotidien et, comme dit plus haut avec le LD, nous ne sommes le futur de personne. Tout au plus un présent amélioré.

Car finalement, un Blu-ray, ça ressemble à un DVD, qui lui même ressemble à un CD, qui lui même, aussi, ressemble à un plateau de disque dur.
Que nos voitures, à part un pare-brise plus larges, n’ont rien de révolutionnaire.
Que notre apocalypse actuelle est super lente, on pollue mais la Terre est restée viable par rapport aux scénarios catastrophes. Pareil, il reste même du pétrole, pire on trouve de nouvelles saloperies source d’énergies avec les rendements améliorés de l’extraction du gaz de schiste.

Réellement, notre époque n’était dans aucun grand imaginaire, aucun écrivain de science-fiction ou de scénarios de jeux de rôles n’aurait pu concevoir un espace-temps aussi chiant.
Même le prion n’a pas été foutu de déclencher une apocalypse zombie… qu’est ce qu’on se fait chier !

  1. Cointreau sur la cerise serais-je tentée de dire vu que ça ne me servira à rien []

F(b)ucking Privacy

Facebook Instant Devilization

Bon, le buzz Facebook francophone du moment, c’est “l’instant personalization”, en gros, l’autorisation d’un partenaire de Facebook a plongé dans vos données personnelles, si vous avez une session Facebook, pour vous offrir une navigation aux petits oignons. C’est à peine plus invasif qu’un Google Mail mais ça, bizarrement, ça n’émeut personne.

Mais ce qui devrait buzzer, à mon avis, c’est le futur, futur annoncé depuis belle lurette d’ailleurs de la promotion sociale de nos goûts vers nos amis, pour faire de tout à chacun le trend-setter de son voisin.
En réalité, ce sera un monde magique où tout le monde spammera joyeusement, un monde tellement plus boooôôôôôhhhhh1.
Voir : http://www.zdnet.com/blog/feeds/is-facebook-sponsored-stories-turning-its-users-into-spammers/3535

Mais, il y a aussi du nouveau sur le menu ! Devenir le leader, comprendre s’offrir le monopole, des commentaires sur le Web. Actuellement, de plus en plus de blogs offrent des fonctionnalités d’interfaçage avec Facebook pour l’import/export des commentaires ou l’authentification.
La prochaine étape sera de ne pas juste étendre les fonctionnalités mais bien d’offrir une alternative intégrale. Dans le lien qui suit, il est même fait état d’un site qui ne prends que des commentaires via l’existence d’un compte Facebook. Le problème me direz-vous ? Et bien soit tu as un compte Facebook soit tu te tais sur la blogosphère et bien sûr, si tu as oublié d’avoir un pseudonyme, adieu vie privée.
Voir : http://news.cnet.com/8301-13577_3-20030106-36.html?tag=mantle_skin%3Bcontent

J’exagère bien sûr, ou plutôt, j’anticipe un peu, dans un monde dit libéral et qui offre de si magique situation de monopole à observer, du moins pour un certain web occidental.

  1. ou pourquoi mes goûts musicaux ou filmiques sont vides depuis fort longtemps []

Mi-Miyazaki

Ticket UGC Un petit plaisir des centres urbains, c’est de pouvoir assister à des avant-premières aussi banalement qu’aux autres séances du jour1.
Ce soir passait Arrietty le petit monde des chapardeurs des studios Ghibli.

Les nostalgiques de la série les Minipouces seront sûrement immédiatement conquis mais ici, on reste très loin du foisonnement du monde américain, les chapardeurs vivant dans un culte du secret et de la discrétion permanente. Mais évidemment à petite taille, grande ingéniosité, il y aura là de quoi ravir l’imagination des spectateurs.

Si je vous dit que le récit est un conte, et donc qu’il en suit les codes, vous devinez vite qu’il y aura perturbation, même si aucun vil professeur ne va débarquer avec sa caméra à infra-rouges pour sonder les murs.
Ici, tradition des studios, le conte est initiatique et critique même s’il l’est à peu. Et, re-tradition oblige, une réflexion sur l’écologie au sens large mais aussi biotique. On suit donc la quête de bonheur de l’héroïne, ces maladresses mais aussi une autre quête, en creux, de l’autre héros, ce jeune garçon au repos dans cette vieille maison.

Le rythme est peu soutenu, à l’image qui sait des délais relatifs à une autre dimension, celle du corps miniature ou malade, dans une maison aux abords verts, fleuris, presque comme des tableaux impressionnistes qui tranchent avec des séquences plus vives ou la technique se trahit par son rendu.
Quant à la musique, elle est discrète, suffisamment bien choisie pour ne pas paraître inutile mais surprenante aussi avec des passages chantés en anglais. On aimera ou pas ce dernier point, pour ma part je ne suis pas convaincue, trop attaché au souvenir du magnifique Tatara Women’s Work song dans Princesse Mononoke.

Assurément, il plaira au public jeune, mais pas trop car trop lent pour cela. Pour un public plus âgé, un joli conte, un peu doux-amer, pas complètement sec d’autres nourritures que son seul récit mais sans doute pas le meilleur Ghibli. A voir si vous êtes en manque d’animation japonaise.

  1. n’est-ce pas mon cher bonobo sentimental ? []

Nous sommes l’ennui

Hier, après une tea party de bon aloi, nous sommes allées voir un film qui piquait ma curiosité car parlant de vampire MAIS n’étant pas Twilight, licence que j’ai esquivé fort volontairement, à savoir Nous sommes la nuit.

Je ne nierai pas que l’affiche jouant bassement sur l’idée de débauche nocturne sur un mode pas complètement étranger à Vampiros Lesbos (1971), le grand kitsch en moins, avait joué en sa faveur.

Le mascara, oui, la mascarade non !

Signalons tout de suite les points faibles du film à savoir un scénario bateau qui renvoie le film à un visionnage premier degré et, dans le cas de la diffusion dans le cinéma où je suis allée, une V.O. étrangement anglophone pour un film allemand qui était pitoyable. La conviction, même dans une langue étrangère, ça peut s’entendre et là, vraisemblablement, les acteurs devaient jouer à Angry Birds1 tout en assurant le doublage.

Ce film vous apprendra que l’immortalité c’est cool parce qu’on peut faire toutes les conneries de fêtards sans avoir à subir de préjudices2  mais que ça peut être au final lassant et que nos proches peuvent nous manquer, bouhouhou. Rien de neuf sous le soleil la lune.

Kitsch ou double ?

Pour le reste nous suivrons donc les débuts d’une nouvelle vampirisée, aux allures de hackeuse suédoise durant les premières minutes, rejoignant donc un groupe qui connait les affres de l’immortalité. Premier degré bonjour.

Ajoutons une photographie berlinoise pas rebutante du tout, car la ville est réellement épatante et une bande son qui passerait dans une boite à secouage de tête ce qui donne un bon moment, quelques fous rires et sans doute un DVD à voir lorsqu’il sera dans le commerce !

Parce que oui, on passe réellement un bon moment, il y a bien là deux ou trois scènes dignes d’intérêt comme celle d’ouverture dans l’avion, une course-poursuite urbaine et bien encore les soirées alternatives. Pour les amateurs de jeu de rôles, ils pourront y trouver une lecture de l’apprentissage que peut revêtir cette nouvelle existence et surtout ses nouveaux besoins.
Mais une certaine morale de fin, que je vous laisse découvrir, et l’absence de recul évoquée plus haut, ainsi qu’une tendance à déployer des actions aux conséquences trop importantes pour ne pas finir plus mal le rendent un peu kitsch.

  1. très bon titre d’ailleurs []
  2. une réplique du film concluant sur ce point que n’importe quelle femme tuerait pour ça []